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Trois quarts de siècle de souvenirs dans le Quartier latin Version imprimable Suggérer par mail
Soumis par Béatrice Genaudeau   
27-04-2007

Arrivée à l’âge de 28 ans dans le Vème arrondissement, Marcelle, 102 ans, nous raconte le quartier et ses évolutions :

« Je suis arrivée en 1932, à l’âge de 28 ans, dans le Vème arrondissement. Les appartements étaient très difficiles à trouver. C’est par relation que nous avions pu obtenir notre logement, grâce au marchand de charbon de mon père. A cette époque, une crise du logement sévissait. C’était un quartier populaire. Les femmes ne s’habillaient pas sur la Rive gauche, contrairement à la Rive droite d’où je venais. Je faisais sensation parce que j’avais un chapeau et des gants.

Dans la rue Lacépède, il y avait des épiciers, un marchand de journaux, une maison étayée qui menaçait de s’écrouler (elle est restée dans cet état jusqu’en 1946) : c’est la raison pour laquelle les voitures et les autobus ne passaient pas dans cette partie de la rue. Cette maison était habitée par des gens pauvres, démunis qui, sous l’emprise de l’alcool, se disputaient et se battaient. Le quartier me plaisait, la proximité du Jardin des Plantes. Ce n’était pas trop loin de chez mes parents, à cinq stations de métro.

Dans notre immeuble, personne n’avait de salle de bains, de chauffage central, ni d’ascenseur. Quand j’ai fait installer la salle de bains, j’étais la première dans l’immeuble, la vieille concierge m’a dit : « vous allez en user de l’eau ! ». Nous étions locataires et avons dû payer 400 anciens francs de plus par trimestre à l’époque. La rue Lacépède était une rue pavée, je crois. Un jour, une voiture était garée à l’angle de la rue de La Clef et un clochard s’est mis à pleurer et à crier : « ça vaut au moins des millions une voiture comme ça, et moi j’ai faim ! ». Alors, je me souviens que je lui ai donné un morceau de gruyère. La majorité des gens se déplaçaient en métro, en autobus ou en taxi : ils savaient marcher dans ce temps-là. J’allais facilement à pied d’ici à la rue des Pyramides, ça ne me gênait pas.

La clinique Geoffroy Saint Hilaire n’existait pas : c’était un café, Le Cèdre, en référence au cèdre du Liban dans le Jardin des Plantes. Je ne m’en souviens pas, mais on m’a rapporté qu’au-dessus il y avait une petite maternité, où serait né Chirac. En face de la clinique, un confiseur occupait l’emplacement de l’actuelle pharmacie. C’était dans les années 1932-1933. Les Arènes de Lutèce n’étaient pas complètement restaurées. Un épicier italien se trouvait à l’angle de la rue Lacépède et de la rue de Navarre. Sur le trottoir d’en face, on trouvait tout ce qu’on voulait chez un marchand de couleurs, un droguiste à l’ancienne. En bas de la maison étayée, une épicerie faisait face à un marchand de légumes (aujourd’hui magasin de meubles d’Orient). A l’angle des rues Lacépède et de la Clef se côtoyaient un plombier et une imprimerie, qui a fermé il y a quelques années. Un café Le labyrinthe faisait face à la boulangerie Grégoire, rue Monge. Dans la partie haute de la rue Lacépède, de petites maisons remplaçaient les grands immeubles modernes d’aujourd’hui. Place de la Contrescarpe, en haut de la rue Lacépède, une odeur épouvantable se dégageait d’une vespasienne (voir illustration ci-jointe : Place de la Contrescarpe, 1934). Sur la place également, un grainetier vendait des pommes de terre, et un herboriste était établi au commencement de la rue Descartes. Le bus 84 partait de la Contrescarpe.

La rue Mouffetard était une rue de marchands de légumes et de poissons qui, pour la plupart, n’étaient pas en règle : ils vendaient à la sauvette. Quand la police arrivait, les bottes de poireaux passaient de main en main, pour être dissimulées sous une porte cochère. La rue Mouffetard était réputée pour être très bon marché, ce qui est l’inverse aujourd’hui. A cette époque, la vie était plus confortable pour les bourgeois. Le boulanger, situé au croisement des rues Monge et Lacépède, déposait tous les matins une baguette devant ma porte. Le boucher montait prendre la commande et une demi-heure après, il livrait. A l’inverse, la vie était plus difficile pour le commis boucher et le boulanger.

Tous ces services se sont arrêtés après la guerre : on utilisait alors les tickets de viande.Notre immeuble était habité par des fonctionnaires aux revenus modestes : une institutrice, la veuve d’un soldat mort à la guerre, un professeur de piano ; dans une chambre de bonne vivait également Charlotte, la marchande de légumes de la rue Lacépède. L’hôtel, aujourd’hui Saint Christophe, était un petit hôtel pour étudiants désargentés. Je me souviens que les collèges comme Henri IV et Sainte Barbe étaient déjà renommés dans les années 30.   

Je n’ai pas la nostalgie de cette époque : ce n’était pas mieux, c’était différent. Il y avait plus de pauvreté. Je préférais simplement le Jardin des Plantes autrefois car des chaises métalliques, comme au Jardin du Luxembourg, permettaient de s’isoler. Le quartier est devenu trop touristique : il n’y a que des restaurants pour touristes. La rue Monge comprenait davantage de commerces nécessaires à la vie quotidienne : aujourd’hui il n’y a que des banques, des agences immobilières, des magasins chinois. La Rive droite avait de plus beaux étalages. L’avenue de l’Opéra, où j’ai passé mon enfance, était très belle ».

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